Avocats en droit criminel
Le trafic d’armes à feu au Québec ne repose pas exclusivement sur le crime organisé, mais plutôt sur des individus opportunistes et des fabricants artisanaux bien préparés. Contrairement aux idées reçues, les grands réseaux criminels sont moins impliqués dans la vente d’armes, préférant éviter les risques et privilégier des marchés plus rentables comme la drogue. Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Montréal met en lumière cette réalité en s’appuyant sur 76 enquêtes de la Sûreté du Québec réalisées entre 2010 et 2020.
Les trafiquants identifiés sont principalement des hommes d’une quarantaine d’années, souvent sans lien direct avec des organisations criminelles. Beaucoup agissent par opportunisme, revendant des armes volées ou légalement acquises. La fabrication artisanale d’armes est également en forte progression, grâce à l’accès facilité à des outils spécialisés comme les imprimantes 3D ou les presses hydrauliques. Ces trafiquants indépendants opèrent généralement à petite échelle, la majorité des transactions portant sur deux armes ou moins, bien que certains réseaux plus organisés orchestrent des opérations de plus grande ampleur.
L’étude démontre aussi que le Web caché ne joue pas un rôle clé dans le trafic d’armes au Québec, contrairement à ce que l’on pourrait penser. La forte présence policière et la rentabilité limitée de ce type de transaction dissuadent les contrevenants d’y recourir. En revanche, d’autres méthodes émergent, comme l’observation des clubs de tir pour identifier des acheteurs potentiels ou l’exploitation des différences réglementaires entre provinces, notamment avec l’Ontario, qui ne tient pas de registre des armes à feu.
Face à cette réalité, les chercheurs recommandent une approche préventive renforcée plutôt que purement répressive. Parmi les solutions proposées figurent :
une meilleure surveillance des outils servant à la fabrication d’armes artisanales
une formation accrue des vendeurs pour repérer les transactions suspectes
une harmonisation des registres d’armes entre provinces.
Une collaboration étroite entre les forces de l’ordre, les autorités frontalières et les détaillants d’armes pourrait ainsi limiter les failles exploitées par les trafiquants et mieux encadrer ce marché en constante évolution.
Pour toute aide, consultez les avocats de Gauthier et Tousignant.
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